Archives pour janvier, 2008

Quand même, des fois je me demande si mon couple idéal c’est pas celui que je forme avec ma meilleure amie (grâce lui soit rendue).

 

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(Au Starbucks ils ont toujours des lampes totalement improbables, cherche pas.)

 

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Mais elle a pas de bite.

Tsss.

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(La magnifique Aretha Franklin avec "Respect", de circonstance)

Petit-e-s camarades rigolo-te-s,

Une tartine aujurd’hui.

Traitons cet après-midi du harcèlement sexuel au travail (il existe ailleurs aussi bien évidemment, mais différemment). Si, ça existe. En Suisse aussi, si si. Oui je sais, ailleurs y a des problèmes plus graves ou plus dramatiques même. Oui. Mais je suis ici, moi.

Y a des conditions à remplir pour être prise au sérieux comme "victime de harcèlement sexuel au travail". C’est intéressant, sur un plan sociologique. Pour ne pas dire fascinant, à mon sens. La "victime" sera considérée comme victime aux yeux de son entourage si elle remplit certains critères bien précis et peu souples finalement, bien ancrés dans l’inconscient collectif.

Je vous en donne donc quelques-uns qui me semblent toutefois basiques, mais pas le temps d’approfondir. Car notez bien que qui ne correspond pas aux dits critères n’est pas victime. C’est simple, ça rassure tout le monde et c’est vite réglé comme ça.

 

1. Il faut généralement qua la "victime" soit un minimum bien roulée pour être crédible. Si elle est moche ou plutôt âgée, la majorité des gens se dit (mais secrètement, hein) : "M’étonnerait qu’elle soit harcelée celle-là… ou alors faut carrément pas être difficile". Charmant, je vous l’accorde. Mais curieusement, et de manière assez insidieuse, les gens ont besoin de s’identifier à l’"agresseur" apparemment, de comprendre ce qui a pu le motiver. Dans un premier temps donc, on observe la "victime" comme l’"agresseur".

On peut dire non, moi il me semble que si.

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2. Il est important pour être crédible d’avoir l’"air d’une victime". Cet air se traduit par une forme de timidité. La "victime" doit sembler outrée ou surprise par le harcèlement qu’elle subit. Elle doit être profondément traumatisée et bouleversée, au risque de passer pour une collabo, au risque qu’on la soupçonne d’"aimer ça" : "En fait elle se marre, elle a l’air de le prendre à la légère, elle pleure même pas, donc pour elle aussi c’est un jeu". Peut-être. Mais peut-être pas. Ha.

Si la "victime" est particulièrement prude, voire même vierge, elle a toutes les chances d’être écoutée avec davantage de courtoisie.

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3. Il est important que la"victime de harcèlement sexuel au travail" ne soit pas trop grande gueule, n’ait pas trop de répondant, ne soit pas trop vulgaire ni ne donne l’impression de savoir dire non par elle-même (peu importe que ce soit avéré ou non). Si elle peut également éviter d’avoir trop d’esprit, elle sera perçue comme plus crédible.

Si elle a trop de répondant, les gens estiment en effet qu’elle n’a pas besoin d’aide, qu’elle est capable de se sortir de toutes les situations, qu’elle ne souffre pas puisqu’elle a une grande gueule.

Si elle peut pleurer et tomber dans une grave dépression, là la compassion apparaîtra. Sinon, elle passe juste pour wonder woman.

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4. Quoi qu’il arrive, la "victime" qui reste parce qu’elle a besoin de son travail sera considérée comme "à moitié consentante". Et parce qu’elle restera, elle parlera de son malaise comme d’un détail qu’elle peut gérer, pour garder la face. Parce qu’être une victime, ça n’a pas tellement de charme. Et la dignité, bordel ?

Dans tous les cas, sans attouchements ni violences, ni viol surtout, les incessantes remarques sexistes seront perçues par l’entourage comme de l’humour viril particulièrement poilant.

Et la sagesse des ancien-ne-s ne sera pas d’une très grande aide.

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Merci, bonsoir.

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Une tâche. De café. Ou de thé, difficile à dire finalement.

Elle est plutôt foncée sur les bords, au centre comme peinte à l’aquarelle, d’un brun soutenu, terrien. La tâche semble presque dessiner un visage. C’est ce qu’elle voit du moins, un visage. Un visage qui rit, qui se moque probablement. Qui se moque parce qu’il la force à nettoyer.

Elle n’avait pas 20 ans quand elle l’a épousé. Il était tendre, doux. Il était là pour elle, pour l’écouter, pour la toucher, pour lui apporter ce qu’elle croyait ne pas avoir en elle seule. « Pour la compléter » comme ils disent. Elle était sa « moitié ». Puis la moitié avait fini par ne devenir qu’un quart, puis un sixième. Et elle avait parfois se sentiment profond d’avoir disparu. Ou du moins de ne plus bien savoir qui elle était.

La première fois qu’ils avaient fait l’amour, elle avait entendu. Son cœur. A lui. Et elle avait cru que c’était le sien, au point peut-être de ne plus l’entendre, son propre cœur. Elle avait compris qu’il allait être là pour elle, qu’il allait donner un sens à ce qu’elle est. Elle avait compris qu’elle devrait devenir une moitié, et plus un tout à elle seule. Ce travestissement ne lui avait pas fait peur, parce qu’elle y voyait une possibilité de se reposer.

Elle se sent invisible, souvent. Elle se demande parfois si le monde serait différent sans elle. Si ses proches ne seraient pas plus heureux sans elle. Mais elle ne veut pas se le demander vraiment, alors elle préfère que les gens s’inquiètent pour elle. Qu’il s’inquiète pour elle. Qu’il voit sa vulnérabilité et ses faiblesses et qu’il la renforce, qu’il fasse d’elle un être chéri. Un être qu’il faut surveiller, qu’il faut dorloter, qu’il faut rassurer, qu’il faut encadrer, dont il faut parler beaucoup. Un être central dans la vie de l’autre. Mais pas pour des qualités hors du commun, pas pour le bonheur qu’elle pourrait apporter. Non, elle veut être centrale par sa fragilité hors du commun, par le fait qu’elle se présente devant le gouffre et qu’elle menace de sauter, mais qu’elle hésite encore à prendre son parachute.

Alors elle ne mange pas. Enfin si, elle mange. Mais peu. Avec discipline, avec sérieux. C’est sa carrière. C’est là qu’elle peut faire ses preuves et l’épater par son contrôle et sa maîtrise de ce corps. Ce même corps qu’il a aimé la première fois et qu’il a cru comprendre.

Elle est plus forte que toutes les autres femmes. Elle n’a pas besoin de s’alimenter, elle vit en autarcie avec son corps. Il lui apporte tout ce dont elle aurait besoin tout seul, sans aide extérieure. Sans cette nourriture grasse et vulgaire qui semble obliger les gens à se prostituer d’une certaine manière. Ils feraient tout pour manger, les gens. Elle, elle sait résister. Elle, elle est vraiment forte et conquérante. Elle a trouvé des alternatives, elle. Elle a su contraindre ce corps, lui qui croyait pouvoir la forcer à quoi que ce soit.

Elle n’est pas faible, ce sont tous les autres qui le sont. La preuve, ils sont inquiets pour elle. Tout le temps. Ils ne semblent pas voir qu’elle fait carrière dans l’anorexie. Qu’elle va même grader et devenir présidente de sa propre entreprise. Là où elle avait commencé en seconde ligue, là où elle n’était que cette jeune femme banale, qui n’est différente des autres en rien. Qui ne sait faire rien de plus que les autres. Qui est invisible.

La voilà soudainement plus visible que jamais. Elle a soudainement un nouveau statut : anorexique. Un statut qui fait peur, qui surprend, qui fascine, qui semble si inconcevable. Mais la voilà pourtant. Les femmes l’admirent soudain, se demandent comment elle fait, l’envient de savoir faire preuve d’une telle discipline. Les hommes semblent effrayés, voient que quelque chose leur échappe.

Et ce corps lui appartient donc à nouveau. Elle a beau être devenue un cinquième d’elle-même, son cœur redevient son cœur. Ce corps n’a jamais été aussi vivant, aussi présent, aussi intense.

Il ne la saisit pas, lui, il ne la comprend plus. Mais elle n’a jamais été aussi présente dans ses pensées, dans ses souhaits, dans ses conversations. Même si c’est pour parler d’elle comme d’une malade, elle est le centre de ses préoccupations.

Et pourtant… il a laissé cette tâche. De café. Qu’elle boit beaucoup aussi. Et elle conçoit tout à coup qu’il ne l’aime plus comme avant. Que quelque chose a changé. A travers cette tâche. Elle voit qu’il lui a laissé ce message voilé : elle voit le visage de la tâche lui susurrer qu’elle n’a jamais été aussi seule en réalité.

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(musique : Cindy Lauper, "It’s my party")

Mes 25 ans étaient très clairement marqués par la grâce, la souplesse et le raffinement. J’en garde un souvenir ému. Et espère demeurer aussi classieuse et chic.

 

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Longue vie à moi-même. Ou la santé du moins.

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(musique : Radiohead, "Creep")

 

Le marché du travail m’accueillera-t-il ? Question de merde du lundi matin. Merci, bonsoir.

 

"JF, bien sous tous rapports si on la fait pas trop chier, cherche désespérément stage à 50% ou 75% pour cet été, sous-payé ou pas payé du tout, juste histoire d’avoir un truc valable à mettre dans le CV, dans le domaine de la publicité, du journalisme, des aides sociales et trucs déprimants en tous genres, des statistiques qui puent, des ONG.
Sociotruclogue spécialisée dans les questions de genre dont pas mal de gens se tamponnent mais sur lesquelles ils/elles devraient se pencher. Bordel de merde."

 

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Ouais.

Quand tu couches avec un Suisse, y a de bonnes chances pour que t’aies droit à un chocolat au moins (c’est la journée clichés aujourd’hui). Et à une jolie montre. Si si, c’est prouvé scientifiquement. C’est une partiellement Suissesse qui te le dit.

Quand tu vis avec un Suisse par contre, ça complique un peu les choses : tu as un certain nombre de devoirs à accomplir si tu veux rester "la plus mieux qui déchire sa race".

Notamment un en hiver : faut que tu skies. Ou que tu fasses au moins semblant. Et que t’aimes ça. Sinon le Suisse est déçu.

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(Huhu. Et non, en vrai j’ai pas une jambe plus courte que l’autre.)

C’est culturel. Les Suisses commencent à skier… le plus tôt possible. Impossible d’y échapper.

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Et attention, en location la couleurs des skis n’est pas bien coordonnée avec la couleur de ton bonnet. Penses-y !

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