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Karaz

Archives pour janvier 30th, 2008

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(La magnifique Aretha Franklin avec "Respect", de circonstance)

Petit-e-s camarades rigolo-te-s,

Une tartine aujurd’hui.

Traitons cet après-midi du harcèlement sexuel au travail (il existe ailleurs aussi bien évidemment, mais différemment). Si, ça existe. En Suisse aussi, si si. Oui je sais, ailleurs y a des problèmes plus graves ou plus dramatiques même. Oui. Mais je suis ici, moi.

Y a des conditions à remplir pour être prise au sérieux comme "victime de harcèlement sexuel au travail". C’est intéressant, sur un plan sociologique. Pour ne pas dire fascinant, à mon sens. La "victime" sera considérée comme victime aux yeux de son entourage si elle remplit certains critères bien précis et peu souples finalement, bien ancrés dans l’inconscient collectif.

Je vous en donne donc quelques-uns qui me semblent toutefois basiques, mais pas le temps d’approfondir. Car notez bien que qui ne correspond pas aux dits critères n’est pas victime. C’est simple, ça rassure tout le monde et c’est vite réglé comme ça.

 

1. Il faut généralement qua la "victime" soit un minimum bien roulée pour être crédible. Si elle est moche ou plutôt âgée, la majorité des gens se dit (mais secrètement, hein) : "M’étonnerait qu’elle soit harcelée celle-là… ou alors faut carrément pas être difficile". Charmant, je vous l’accorde. Mais curieusement, et de manière assez insidieuse, les gens ont besoin de s’identifier à l’"agresseur" apparemment, de comprendre ce qui a pu le motiver. Dans un premier temps donc, on observe la "victime" comme l’"agresseur".

On peut dire non, moi il me semble que si.

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2. Il est important pour être crédible d’avoir l’"air d’une victime". Cet air se traduit par une forme de timidité. La "victime" doit sembler outrée ou surprise par le harcèlement qu’elle subit. Elle doit être profondément traumatisée et bouleversée, au risque de passer pour une collabo, au risque qu’on la soupçonne d’"aimer ça" : "En fait elle se marre, elle a l’air de le prendre à la légère, elle pleure même pas, donc pour elle aussi c’est un jeu". Peut-être. Mais peut-être pas. Ha.

Si la "victime" est particulièrement prude, voire même vierge, elle a toutes les chances d’être écoutée avec davantage de courtoisie.

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3. Il est important que la"victime de harcèlement sexuel au travail" ne soit pas trop grande gueule, n’ait pas trop de répondant, ne soit pas trop vulgaire ni ne donne l’impression de savoir dire non par elle-même (peu importe que ce soit avéré ou non). Si elle peut également éviter d’avoir trop d’esprit, elle sera perçue comme plus crédible.

Si elle a trop de répondant, les gens estiment en effet qu’elle n’a pas besoin d’aide, qu’elle est capable de se sortir de toutes les situations, qu’elle ne souffre pas puisqu’elle a une grande gueule.

Si elle peut pleurer et tomber dans une grave dépression, là la compassion apparaîtra. Sinon, elle passe juste pour wonder woman.

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4. Quoi qu’il arrive, la "victime" qui reste parce qu’elle a besoin de son travail sera considérée comme "à moitié consentante". Et parce qu’elle restera, elle parlera de son malaise comme d’un détail qu’elle peut gérer, pour garder la face. Parce qu’être une victime, ça n’a pas tellement de charme. Et la dignité, bordel ?

Dans tous les cas, sans attouchements ni violences, ni viol surtout, les incessantes remarques sexistes seront perçues par l’entourage comme de l’humour viril particulièrement poilant.

Et la sagesse des ancien-ne-s ne sera pas d’une très grande aide.

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Merci, bonsoir.